« Engagez-vous, engagez-vous » !!
Lundi, l'épreuve de philosophie du baccalauréat est commentée sur les ondes dès midi. L'un des sujets de cette année en est « s'engager, est-ce renoncer à sa liberté ? »
Je ne traiterai pas le sujet en quelques lignes , mais il s'agit là d'une question tellement essentielle pour notre présent et notre avenir communs que ma plume s'y arrête quelques instants.
Je perçois en effet l'engagement comme le contraire exactement de la tentation d'enfermement dans l'individualisme ; et donc comme notre capacité à vivre en société !
L'engagement, qu'il soit d'église, associatif, syndical, ou même ...conjugal, me semble porteur d'un préalable, qui se nomme Espérance : croire qu'ensemble, en donnant du temps, des idées, de nos dons, nous pourrons vivre mieux, avec un sens, humanité debout comme le Dieu de Jésus-Christ le veut pour nous !
Mais l'engagement fait peur ; n'est-ce pas effectivement un peu renoncer à sa liberté ?
Certainement, si l'on entend le mot de liberté comme la possibilité de faire ce que l'on veut, quand on veut, où on veut !
C'est en tous cas ce que notre société occidentale semble vouloir nous imposer comme modèle : la liberté, ma liberté, c'est de pouvoir jouir ici et maintenant de tout ce dont j'ai envie. Vision à court terme très égocentrée.
Mais nous savons à quel point cette perception de la liberté est erronée ; elle est justement un véritable esclavage, une aliénation à la boulimie de consommation, à l'ère du tout-jetable où l'instantanéité du faux-besoin à satisfaire ne produit que frustration.
S'engager, c'est refuser de s'enfermer dans cette perception. Et c'est s'ouvrir à la vraie liberté, celle qui consiste en le fait d'être acteur, responsable, bâtisseur d'un aujourd'hui et d'un demain qui démentent tout fatalisme.
S'engager...mais pas à moitié. Ce n'est pas parce que mon engagement n'est pas monnayé qu'il n'en est pas moins exigeant ; être conseiller presbytéral, catéchète, c'est exigeant ; être permanent d'association, animateur, c'est exigeant ; alors oui, je renonce peut-être à la liberté de disposer de la gestion de mon temps comme je l'entends, mais est-ce que je ne gagne pas la liberté de donner à ma vie un sens, la liberté d'entrer dans la volonté de Dieu, la liberté de faire avancer le Royaume de Dieu, la liberté de mettre la main à la pâte pour un monde meilleur ? Alors...engageons-nous !!!!
Nathalie Paquereau
