Église Réformée de France

France - Congo : terres de mission

 

France - Congo : terres de mission !

L’Eglise réformée de France (ERF) a reçu tout récemment le nouveau président de l’Eglise Evangélique du Congo (EEC), le pasteur Patrice N’Souami pour un tour d’horizon de son Eglise et de son pays. Il était accompagné du pasteur Kikabou, pasteur des communautés de l’EEC en France. Des perspectives de collaboration ont été évoquées. Entretien.

Pasteur N’Souami, quelles sont vos premières impressions en arrivant à la présidence de l’Eglise ? Je vois que la Bible est reléguée au second plan au profit du culte de la personnalité. Les pasteurs ont tendance à se positionner au dessus des fidèles au lieu d’être au milieu d’eux. Pourtant l’EEC revendique ses convictions protestantes, elle est attachée à la Parole de Dieu : il faut replacer la Bible au centre de la vie ecclésiale.

Cette Parole permettra aussi de reconstruire la jeunesse. Toute une génération a été détruite par la pensée marxiste imposée par le régime. Celui-ci a forgé des mentalités passives et bureaucratiques. Certes, il a favorisé l’accès à l’éducation et à la formation, mais il a tué l’espérance. Pour raviver la foi en l’avenir, il est très important pour nous d’avoir des contacts avec les Eglises d’Europe.

A travers des échanges de pasteurs par exemple ? [Le programme « Echanges de pasteurs » permet chaque année à 10 pasteurs français et à 10 pasteurs africains de vivre pendant un mois chez un collègue. Il est mis en œuvre par le Service protestant de Mission-Defap : www.defap.fr ] Ce programme est très important pour nous. Nous avons reçu déjà cinq pasteurs de l’ERF et à chaque fois, c’était un événement : les gens chez nous ont entendu pendant des années des blancs affirmer l’absence de Dieu et prôner le marxisme-léninisme. Alors entendre d’autres blancs, des pasteurs, affirmer leur foi en Dieu, c’est quelque chose ! Nous bénéficions aussi de la venue régulière de professeurs de l’Institut Protestant de Théologie pour soutenir le programme de formation en 3ème cycle de théologie à la faculté de Brazzaville. Mais nous aurions besoin de plus de formation continue.

Comment l’Eglise est-elle engagée dans la vie du pays ? L’économie congolaise est basée sur le pétrole, mais les trois millions de congolais s’appauvrissent Le président Sassou N’Guésso laisse faire la corruption et même la favorise. L’EEC dénonce ces agissements et propose des pistes de sortie de crise pour plus de justice.

Pasteur Kikabou, vous êtes le pasteur des communautés de l’EEC en France. Quels sont vos liens avec les Eglises de France ? Nos trois communautés à Paris, Rouen, Bordeaux, se réunissent dans les locaux de l’Eglise réformée, de la Mission populaire, ou des Eglises libres. Nous vivons parfois des cultes en commun avec les réformés français, des échanges de chaire, et de chorales. Plusieurs groupes existent à Lille, Amiens, Orléans. D’autres sont en gestation à Lyon et à Marseille. Nous essayons de rassembler des ethnies différentes dans la même communauté, nous avons une mission d’unité et de réconciliation [le Congo sort à peine d’une longue période de guerre civile] Nos communautés réunissent entre 250 et 500 personnes. La majorité est installée en France.

Il serait intéressant de réfléchir à un témoignage commun de nos communautés protestantes françaises et congolaises. Dans les statuts de l’EEC, le territoire français est considéré comme « un champ de mission et d’évangélisation » !

Propos recueillis par Didier Crouzet, Chargé des relations internationales Eglise réformée de France - Avril 2006

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au centre, les pasteurs Manoël, N’Souami, et Kikabou